Dust

EXTRAIT - 54’’

Dans DUST, j’ai conçu un espace blanc de 100 m², entièrement aménagé pour effacer tout repère spatial et temporel, et tourné une installation vidéo de trois heures. Dans ce vide, Kyoko Takenaka, danseuse inspirée par le Butô, compose une partition corporelle intense et personnelle. Avec ma caméra, j’ai travaillé en dialogue constant avec ses mouvements, explorant la tension entre proximité et distance.

La bande sonore, mêlant des enregistrements réalisés lors de la performance et des notes étirées de Bach, accompagne chaque geste et renforce cette perception d’un temps suspendu. DUST interroge les notions de présence et d’effacement dans un espace sans limites visibles, où le corps devient le seul ancrage tangible.

In DUST, I designed a 100 m² white space, entirely created to erase any spatial or temporal references, and filmed a three-hour video installation. Within this void, Kyoko Takenaka, a dancer inspired by Butoh, performed an intense and deeply personal movement sequence. With my camera, I worked in constant dialogue with her movements, exploring the tension between proximity and distance.

The soundtrack, blending recordings from the performance with stretched notes of Bach, accompanies each gesture and enhances the sensation of suspended time. DUST examines the concepts of presence and erasure in a limitless space, where the body becomes the only tangible anchor.

  • Dans DUST, Patrick Laffont de Lojo questionne la notion de présence et d’effacement dans un espace où le temps semble suspendu. Cette installation vidéo de trois heures a été tournée dans un espace entièrement blanc de 100 m², conçu pour effacer toute référence spatiale et temporelle. Cet environnement minimaliste et neutre devient le cadre d’une exploration visuelle et corporelle unique, invitant le spectateur·rice à une immersion totale dans un vide presque palpable.

    Au centre de cet espace immaculé, l’actrice et danseuse japonaise Kyoko Takenaka, inspirée par la danse Butô, compose une partition corporelle profondément personnelle. Sa performance puise dans son histoire intime, transformant chaque mouvement en une expression d’émotion et de mémoire. À travers une danse à la fois intense et méditative, son corps devient l’unique ancrage tangible dans cet environnement dépourvu de repères, offrant au spectateur·rice un point d’attache au sein de ce vide infini.

    La caméra de Patrick Laffont de Lojo joue un rôle central dans cette œuvre, capturant la performance avec une attention particulière à la tension entre proximité et distance. Alternant entre plans serrés, qui révèlent la texture des gestes, et prises larges, qui inscrivent le corps dans l’immensité de l’espace, la caméra agit comme un véritable partenaire de scène. Ce dialogue visuel entre le cadre et le mouvement redéfinit les limites de l’espace, transformant cet environnement infini en une expérience cinématographique profondément immersive.

    La bande sonore, composée d’enregistrements réalisés pendant la performance et de notes étirées de Bach, intensifie l’étrangeté de l’expérience. Ce paysage sonore enveloppe chaque geste d’une texture sonore qui brouille les frontières entre le corps et l’espace. Cette fusion entre son et image crée une sensation d’étirement temporel, où chaque instant semble durer infiniment, plongeant le spectateur·rice dans une perception altérée du temps.

    Avec DUST, Patrick Laffont de Lojo explore les limites de la perception et de la représentation. Il transforme le vide en un espace d’émergence, où chaque mouvement et chaque son deviennent les fragments d’un dialogue poétique entre le corps, le cadre, et l’infini. Cette œuvre propose une réflexion sur l’impermanence et sur la manière dont le vide peut être rempli par la présence humaine, offrant une expérience sensorielle à la fois méditative et profondément émouvante.

  • In DUST, Patrick Laffont de Lojo explores the concepts of presence and erasure within a space where time feels suspended. This three-hour video installation was filmed in a meticulously designed 100 m² white space, created to eliminate all spatial and temporal references. This minimalist and neutral environment becomes the stage for a unique visual and corporeal exploration, inviting the viewer into an immersive void that is almost tangible.

    At the center of this immaculate space, Japanese actress and dancer Kyoko Takenaka, inspired by Butoh, performs a deeply personal choreography. Her movements draw from her intimate history, transforming each gesture into an expression of emotion and memory. Through her intense yet meditative dance, her body becomes the only tangible anchor in this featureless environment, offering viewers a focal point within the infinite emptiness.

    Patrick Laffont de Lojo’s camera plays a central role in this work, capturing the performance with a deliberate focus on the tension between proximity and distance. Alternating between close-ups that reveal the texture of her movements and wide shots that situate her within the vast white space, the camera becomes a partner in the performance. This visual dialogue between frame and movement redefines the boundaries of space, turning the infinite environment into a deeply immersive cinematic experience.

    The soundscape, composed of recordings made during the performance and stretched notes of Bach, amplifies the strangeness of the experience. This auditory layer envelops each movement in a sonic texture that blurs the boundaries between the body and the space. The fusion of sound and image creates a sense of temporal elongation, where every moment seems to stretch infinitely, immersing the viewer in an altered perception of time.

    With DUST, Patrick Laffont de Lojo examines the limits of perception and representation. He transforms the void into a space of emergence, where every movement and sound becomes a fragment of a poetic dialogue between the body, the frame, and infinity. This work offers a meditation on impermanence and how emptiness can be filled by human presence, delivering a sensory experience that is both contemplative and profoundly moving.

  • Titre : Dust

    Année : 2016

    Crédits

    Vidéo :

    • Concept, réalisation, images et montage : Patrick Laffont de Lojo

    • Performance : Kyoko Takenaka

    Détails techniques :

    • Durée : 97 minutes

    • Format : 5K

    Production :

    • Production indépendante

    • Post-production : Patrick Laffont de Lojo

    Description

    Dust est une installation vidéo de 97 minutes tournée dans un espace blanc de 100 m², spécialement conçu pour effacer toute référence spatiale et temporelle. Dans ce vide infini, Kyoko Takenaka, actrice et danseuse japonaise inspirée par le Butô, livre une performance personnelle et méditative. Ses mouvements transforment l’absence en un espace d’émergence, où la présence et l’effacement coexistent.

    La caméra, alternant entre des gros plans détaillés et des plans larges immersifs, devient un véritable partenaire de la performance. Ce dialogue visuel redéfinit les limites de l’espace, créant une tension entre l’intimité et l’immensité. La bande sonore, mêlant des enregistrements réalisés lors de la performance et des notes étirées de Bach, enveloppe le·la spectateur·rice dans une expérience sensorielle immersive, où le son et le mouvement fusionnent dans un état suspendu.

    Inédite et produite de manière indépendante, Dust propose une exploration méditative du temps, de l’espace et du corps, transformant le vide en une toile de réflexion profonde et poétique.

  • Title: Dust

    Year: 2016

    Credits

    Video:

    • Concept, Direction, Cinematography, and Editing: Patrick Laffont de Lojo

    • Performance: Kyoko Takenaka

    Technical Details:

    • Duration: 97 minutes

    • Format: 5K

    Production:

    • Independent Production

    • Post-Production: Patrick Laffont de Lojo

    Description

    Dust is a 97-minute video installation filmed in a 100 m² custom-designed white space, meticulously created to erase all spatial and temporal references. Within this infinite void, Kyoko Takenaka, a Japanese actress and dancer inspired by Butoh, performs an intensely personal and meditative choreography. Her movements transform the emptiness into a space of emergence, where presence and erasure coexist.

    The camera, alternating between intricate close-ups and expansive wide shots, acts as an active partner in the performance, redefining the spatial boundaries and creating a tension between intimacy and vastness. The auditory landscape, blending live performance recordings and stretched notes of Bach, amplifies the viewer’s experience by merging sound and movement into a seamless, immersive flow.

    Unreleased and independently produced, Dust offers a meditative exploration of time, space, and the body, turning the void into a profound canvas for sensory and emotional engagement.

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